A diagnostic error is defined as the missed opportunity to arrive at a correct or timely diagnosis. In critically ill patients, this process requires close consideration of multiple differential diagnoses while simultaneously assessing both chronic and evolving conditions. Unsurprisingly, this process is highly error-prone and does not only refer to delayed, missed, or incorrect diagnoses but also to their consequences leading to patient harm. Focusing on the later, we need to consider three facts. First, critical illness is an extremely time-sensitive condition with diagnostic delays delicately affecting patient outcomes. Second, critical illness is not limited to intensive care units (ICUs) but is also commonly encountered outside of ICUs. Third, critical illness itself can be the result of diagnostic errors occurring in previously non-critically ill patients. Diagnostic errors in critical care, therefore, are particularly detrimental and crucial to prevent. Of note, diagnostic errors must not be regarded as the result of human limitations alone but system weaknesses, as well.
- L’erreur de diagnostic est une plaie qui entache toutes les spécialités médicales, et en particulier la médecine de soins intensifs, où elle semble dix fois plus fréquente qu’en milieu hospitalier habituel. Les auteurs de cette étude sont autrichiens et se réfèrent volontiers à des articles européens. Où trouver les sources de cette différence ? Les particularités des patients en sont une, évidemment. La confusion et l’obnubilation sont fréquentes et rendent l’anamnèse difficile et incomplète. Celles liées au médecin doivent être soulignées : l’intensiviste est sujet aux mêmes biais cognitifs que ses confrères, mais le sentiment d’urgence, la fatigue entraînée par la surcharge peut en exacerber les effets négatifs. Une tendance spécifique à la médecine « intensive » est de se satisfaire d’explications par syndrome et de ne pas creuser plus loin. L’article cite et critique la « syndromisation » de la médecine intensive. C’est ce que m’avait dit un ponte de la médecine intensive que je tentais d’intéresser au problème des erreurs de diagnostic il y a une quinzaine d’années : « il n’y a plus d’erreurs aux soins intensifs, on n’y parle plus de diagnostic, mais de syndrome ». C’est une tendance lourde dans la profession : dès lors, l’erreur de diagnostic devient un « non-problème », puisqu’on ne fait pas à proprement parler de diagnostic, mais ce manque de spécificité comporte ses risques propres.
Valentin A, Flaatten H, Dunser MW.
Exploring the dark side of the moon: Diagnostic errors in critically ill patients. Intensive Care Med. 2025;51(12):2422-2425. Doi : 10.1007/s00134-025-08126-2.