Le rôle des mécanismes cognitifs dans le diagnostic

The oldest medical school of modern civilization, in Salerno, Italy, prioritized the study of philosophy, logic, and reasoning. We first retrace the history of how clinical reasoning and its perceived importance has evolved, culminating ultimately in the 2015 National Academies report on diagnostic error in healthcare. The report clearly emphasized the fundamental role of clinical reasoning in diagnosis, and the critical need to optimize the cognitive elements of diagnosis to prevent diagnostic errors in the future. The dual processing paradigm, envisioning both intuitive and rational pathways, is central to current understandings of clinical reasoning. The importance of knowledge, the impact of cognitive biases, the influence of context, and many other ‘adjacent’ factors also impact the likelihood of arriving at the correct diagnosis. Medical education needs to re-prioritize cognition over content, and teach clinical reasoning interprofessionally. Emphasizing rationality and recognizing cognitive and affective bias are key. A host of interventions have been proposed: patient engagement, second opinions, reflection, improving teamwork, and using AI are all well justified and worthy of trials.

  • Un article sans beaucoup de surprise sous la plume de Pat Croskerry. Cet auteur est un des tout premiers à s’être penché sur le problème des erreurs de diagnostic, et à avoir attiré l’attention du monde médical sur la théorie de Kahneman sur les deux vitesses de la pensée. Il a décrit le système 1, instinctif et immédiat, en dehors du contrôle conscient, et le système 2, rationnel, à fort contrôle conscient. Il attribue l’erreur de diagnostic au recours au système 1 tout au long du processus. Il trouve ici une illustration historique et philosophique à son point de vue : il fait appel à l’École de Salerne, plus ancienne école de médecine « du monde moderne » selon ses dires (IX siècle). L’école fait précéder l’apprentissage de la médecine par des années de formation en logique, philosophie et raisonnement formel : l’accent est mis sur comment penser plutôt que savoir quelle connaissance mobiliser. C’est la thèse de Croskerry depuis toujours : l’erreur de diagnostic est due essentiellement à des erreurs de raisonnement et à des biais cognitifs contre lesquels il importe de se prémunir. Comme souvent, l’argumentaire de Croskerry repose beaucoup sur des références à ses propres articles et à des articles d’opinion et des éditoriaux, mais pas ou peu sur des travaux expérimentaux. Et n’oublions pas qu’au IX siècle, le socle de connaissance mobilisable était plutôt mince : mettre l’accent sur « savoir comment » plutôt que sur « quoi savoir » avait du sens à une époque où le « savoir » était presque inexistant !

Croskerry P, Graber ML.

The importance of cognition for improving diagnostic safety: Salerno redux? Diagnosis. 2025;12(4):557–563. Doi : 10.1515/dx-2025-0106.