Produire des indicateurs qualité institutionnels automatisés à partir du dossier patient informatisé : l’expérience de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris

Producing automated institutional quality indicators from the electronic patient record: the experience of Assistance Publique-Hôpitaux de Paris

frédérique tissier

frédérique tissier

Mission indicateurs – Direction qualité partenariat patient (DQ2P) – Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) – 55, boulevard Diderot – CS 22305 – 75610 Paris Cedex 12 – France
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pénélope troude

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Service de santé publique – Département médico-universitaire Prisme – Hôpitaux Lariboisière – Fernand-Widal – AP-HP – Paris – France
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caroline germain

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Pôle Innovation et données – Direction des services numériques – Campus Picpus – AP-HP – Paris – France
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Produire des indicateurs qualité institutionnels automatisés à partir du dossier patient informatisé : l’expérience de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris

Figures RQ_XXII_4_Tissier.pdf

Résumé

Introduction. Les hôpitaux ont l’obligation de recueillir des indicateurs nationaux par établissement, dont certains résultats conditionnent des financements (dispositif d’incitation financière à l’amélioration de la qualité [Ifaq]). Le constat partagé est la difficulté pour les professionnels de s’approprier ces indicateurs à l’échelle de leur service. À l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le déploiement d’un dossier patient unique pour tous les hôpitaux et la mise en place d’un entrepôt de données de santé (EDS) offrent l’opportunité de produire des indicateurs de qualité (IQ) automatisés se rapprochant des indicateurs nationaux et à la main des professionnels. Méthodes. La méthodologie du projet a été validée institutionnellement. Elle a consisté, dans un premier temps, à sélectionner collectivement et spécifier une batterie d’indicateurs test ayant « du sens » pour les services. Puis les professionnels métiers ont vérifié la qualité des données produites à partir de l’EDS. Enfin, ces IQ ont été mis à la disposition de tous les professionnels avec des sensibilisations à différents échelons. Résultats. Quatre thématiques prioritaires ont été sélectionnées et ont donné lieu à la mise en place de tableaux de bord dans le portail Pilote, qui permet une restitution des indicateurs à la maille des services de soins. L’article précise les choix méthodologiques retenus pour les IQ relatifs aux documents de sortie et à l’évaluation de la douleur. Conclusion. L’AP-HP s’engage à poursuivre la promotion de ces tableaux de bord et à ajuster ceux déjà existants pour répondre aux besoins des utilisateurs. De nouveaux IQ prioritaires sont en cours d’étude et programmés parmi les travaux de l’EDS pour les trois prochaines années.

Mots clés: Dossier médical informatisé - Restitution des indicateurs - Indicateur Qualité - Tableau de bord - Amélioration continue de la Qualité - Unité de soins - Hôpital

Abstract

Introduction. Hospitals are required to collect national indicators at the facility level, some of which determine funding (the financial incentive scheme for quality improvement [Ifaq]). A shared observation is the difficulty for professionals to take ownership of these indicators at the level of their clinical department. At Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), the deployment of a unified electronic patient record for all hospitals and the establishment of a health data warehouse provide an opportunity to produce automated quality indicators (QI) that closely match national indicators and are directly accessible to professionals. Methods. The project methodology was approved institutionally. It first consisted of collectively selecting and specifying a set of test indicators that were “meaningful” for clinical departments. Professionals then verified the quality of the data generated from the data warehouse. Finally, these QI were made available to all professionals, accompanied by awareness-raising at various organisational levels. Results. Four priority topics were selected, leading to the development of dashboards within the Pilote portal, which enables indicators to be reported at the level of clinical departments. The article details the methodological choices adopted for QI relating to discharge documents and pain assessment. Conclusion. AP-HP is committed to continuing the promotion of these dashboards and to adjusting existing ones in order to meet users’ needs. New priority QI are currently under review and scheduled within the data warehouse work programme for the next three years.

Keywords: Electronic medical record - Indicators restitution - Quality indicator - Dashboard - Quality continuous improvment - Care units - Hospital

Article

Introduction

Depuis les années 2000, de nombreux pays ont mis en place des programmes nationaux de qualité des soins, avec pour certains une part de financement « à la performance ». Le recueil des indicateurs de qualité sur lesquels reposent ces financements est variable selon les pays, l’organisation des soins et l’existence de systèmes d’information interopérables [1]. Si le dossier médical du patient reste la source de référence pour de nombreux indicateurs, le déploiement du dossier patient informatisé (DPI) et le développement d’entrepôts de données permettent la production passive d’indicateurs qualité, sans recueil manuel. Des expérimentations conduites dans plusieurs pays montrent que le calcul d’indicateurs qualité peut être automatisé à partir des DPI pour des informations structurées mais que la performance de ces indicateurs calculés est dépendante des usages du DPI et de l’existence d’informations en texte libre [2].

Indicateurs de qualité et sécurité des soins (IQSS)

En France, le dispositif national des indicateurs de qualité et sécurité des soins (IQSS) est piloté par la Haute Autorité de santé (HAS) en collaboration avec l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (Atih). Les IQSS développés par la HAS sont calculés à partir des dossiers médicaux des patients [3], du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), de questionnaires remplis par des patients et d’enquêtes menées auprès des établissements. Les IQSS de la HAS poursuivent différents objectifs [4] : répondre au besoin de transparence vis-à-vis des usagers (diffusion via Qualiscope1), aider à la régulation par la qualité, à l’échelle régionale et nationale, et permettre aux professionnels des établissements de santé de piloter leur démarche qualité. En 2016, le ministère de la Santé a mis en place le dispositif d’incitation financière à l’amélioration de la qualité (Ifaq) qui permet de diversifier les modes de financement des établissements de santé en valorisant la qualité des soins [5]. Ce dispositif s’appuie sur une sélection d’indicateurs nationaux obligatoires intégrant des IQSS. Aujourd’hui, de mauvais résultats peuvent impacter jusqu’à 2% du financement total d’un établissement. La dotation nationale s’est élevée en 2022 à 700 millions d’euros. Toutefois, dans sa version actuelle, ce dispositif est peu adapté à un pilotage de la démarche qualité, comme le souligne le rapport 2023-082R de l’Inspection générale des affaires sociales [6]. Ainsi, pour les établissements de santé, l’amélioration des résultats des indicateurs comporte trois enjeux majeurs : un enjeu de qualité de prise en charge – les établissements doivent démontrer leur engagement dans une démarche d’amélioration continue et garantir des soins de qualité pour les patients ; un enjeu de notoriété – les résultats des indicateurs nationaux obligatoires sont diffusés publiquement ; un enjeu financier – des résultats en dessous de la moyenne nationale peuvent engendrer une perte financière (malus) pour les établissements. Cependant, les IQSS recueillis à partir du DPI ont une utilité limitée pour le pilotage interne de la qualité. Le caractère chronophage des audits, l’évaluation de dossiers de l’année n–1, l’échantillonnage de 70 dossiers, pour un hôpital, et les résultats restitués par site rendent difficile l’utilisation des résultats de ces indicateurs pour une démarche interne d’amélioration de la qualité des soins au plus près des pratiques [7,8]. Dans ce contexte, la HAS s’intéresse depuis 2022 aux possibilités offertes par les entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH) pour évaluer la qualité des prises en charge et a réalisé un état des lieux des pratiques concernant leur mise en œuvre [9,10]. Elle a aussi conduit une étude pilote pour évaluer l’intérêt et la faisabilité de la mesure d’indicateurs à partir d’EDSH en collaboration avec plusieurs centres hospitaliers universitaires (Lille, Bordeaux et l’AP-HP) [11].

Mission Indicateurs de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris

Du fait du rôle clé des indicateurs nationaux dans l’amélioration continue de la qualité des soins, la direction qualité partenariat patient (DQ2P) de l’AP-HP a créé la « mission Indicateurs » en juillet 2021 (Annexe I), portée par la directrice du projet « Indicateurs » dont les missions sont de coordonner les campagnes HAS et Ifaq en collaboration avec le département d’information médicale (DIM) et la direction économique, financière, de l’investissement et du patrimoine (Defip) et les 38 sites de l’AP-HP. L’AP-HP s’est engagée depuis 2016 dans le déploiement d’un DPI unique (Orbis®2) [12] sur tous ses sites et, depuis 2019, tous les établissements bénéficient d’un numéro unique d’identification des patients. Il s’agit d’un système d’information patient complet, composé de 22 modules (dossier médical, prescription, urgences, réanimation, dossier de soins, dossier social…), permettant de suivre le parcours de chaque patient dans les hôpitaux de l’AP-HP. La structuration des DPI n’est pas toujours adaptée à l’exploitation secondaire des données (pilotage de l’activité, gestion de la qualité, recherche…). L’AP-HP a donc mis en place un entrepôt de données de santé (EDS) adossé au système d’information clinique, autorisé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés en 2017 [13]. Cet EDS est alimenté par Orbis®, mais aussi par d’autres éléments du système d’information hospitalier [14]. En revanche, toutes les données du DPI ne sont pas intégrées dans l’EDS, comme dans la plupart des EDSH [10]. Des outils ont été développés et mis à la disposition des professionnels pour favoriser l’exploitation secondaire des données, pour la recherche (requêteur Cohort360 et plateforme Jupyter3) et pour le pilotage (portail Pilote [AP-HP]). Au vu des enjeux nationaux, compte tenu du système d’information de l’AP-HP, la mission Indicateur a proposé en 2022 de « créer un pilotage interne via des indicateurs qualité institutionnels automatisés à la main des services de soins en lien avec les indicateurs nationaux » avec un outil interne, le portail Pilote [8]. Ce projet institutionnel porté par le siège a pour objectifs principaux de proposer des indicateurs pertinents et compréhensibles pour les professionnels, de permettre un pilotage interne de la qualité à l’échelle des services, et de contribuer à l’amélioration des scores de l’AP-HP en référence aux indicateurs nationaux (certification HAS, IQSS, Ifaq).

Méthodes et conduite de projet

Le projet de mise en œuvre d’indicateurs qualité (IQ) institutionnels automatisés a été lancé en mars 2022. L’étude de faisabilité a fait apparaître de nombreuses forces et opportunités mais a aussi permis la mise en lumière de menaces et faiblesses (Figure 1).

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Lancement du projet

Le soutien de la direction générale de l’AP-HP a été décisif dans le lancement du projet (Figure 2). En outre, l’AP-HP disposait déjà d’un outil de restitution des résultats des indicateurs, le portail Pilote, alimenté par les données médico-administratives (facturation, PMSI, ressources humaines…) et utilisé par les directions pour suivre l’activité et la performance des hôpitaux de l’AP-HP, avec la volonté d’intégrer plus de données cliniques issues de l’EDS [8]. En revanche, cet outil est peu connu des professionnels du soin tels que les médecins, les cadres de santé, les soignants, ou les professionnels de la qualité. Une organisation et des groupes de travail ont été définis pour valider les orientations, lever les points de blocage avec les décideurs (directrice générale adjointe, interlocuteurs de différentes directions au niveau du siège de l’AP-HP, professionnels des hôpitaux impliqués dans le projet), et pour travailler opérationnellement avec les professionnels soignants experts des hôpitaux (« référents indicateurs » des hôpitaux, responsables qualité, cadres experts, médecins, experts des thématiques traitées, équipe technique « innovations et données » en charge de l’EDS et équipe du centre de solutions applicatives en charge d’Orbis®, de la Direction des services numériques. Ces groupes sont coordonnées par la directrice du projet [Annexe II]).

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Étapes d’identification et de production des indicateurs

La sélection des indicateurs test à automatiser a nécessité plusieurs séances d’échange pour identifier les plus pertinents, en s’appuyant sur de multiples critères. Ces IQ devaient être : en lien avec les indicateurs nationaux obligatoires (IQSS) introduits dans le dispositif Ifaq ; simplifiés et adaptés à partir des IQSS multicritères de la HAS ; simples mais jugés pertinents par les professionnels ; ils devaient prendre en compte les thématiques prioritaires (lettre de liaison validée, identité du médecin traitant, douleur, poids, personne de confiance) ; concerner des équipes médicales et soignantes et leur permettre de s’approprier les tableaux de bord correspondants ; et couvrir une majorité de secteurs d’activité. La disponibilité des informations nécessaires sous forme de données structurées dans le DPI a été vérifiée par l’équipe de la direction des services numériques en charge d’Orbis® en lien avec la directrice du projet [2]. La spécification du besoin est une étape cruciale qui nécessite une bonne connaissance des IQ, des recommandations de bonnes pratiques et des enjeux nationaux associés. Elle exige également la maîtrise des supports de dossiers patient utilisés (cartographie applicative et éventuel usage de dossiers papier), des dates et périmètres de déploiement, de l’architecture du ou des DPI (structure, formulaire, champs), ainsi que des habilitations et des pratiques de traçabilité des différents intervenants. Il faut enfin accepter la simplification des indicateurs, selon les données disponibles et les contraintes des outils. Le développement des indicateurs nécessite un retraitement des données pour les rendre exploitables. Des extractions de données ciblées sur une période et des unités de soins sélectionnées ont été réalisées par l’équipe de l’EDS afin que des professionnels de différents métiers vérifient si ces données correspondaient aux données sources du DPI. Cette étape de qualification est longue et nécessite que les professionnels du terrain arrivent à dégager du temps. Elle permet d’ajuster les spécifications des indicateurs, de documenter les limites de ces indicateurs au plus près des pratiques et d’en favoriser une bonne interprétation. Ensuite, l’équipe EDS propose une mise à disposition des résultats dans l’outil Pilote sous le format demandé par les utilisateurs dans le cahier des spécifications techniques fonctionnelles, sur une base mensuelle (avec rappel des douze mois précédents) et à l’échelle du service. Nous nous focalisons dans cet article sur les indicateurs relatifs aux documents de sortie et à l’évaluation de la douleur afin d’expliquer les choix méthodologiques retenus pour créer les indicateurs automatisés et les tableaux de bord qui en découlent.

Accompagnement des équipes

La mise à disposition des rapports des indicateurs Pilote est accompagnée depuis avril 2024 d’un tutoriel qui détaille la méthode utilisée et les limites des indicateurs. En mai 2024, les rapports des IQ et le portail Pilote ont été présentés au réseau des référents indicateurs par deux médecins très engagés dans le projet et participant au groupe de travail sur les IQ automatisés. Au dernier semestre 2024, un plan de communication destiné aux instances centrales de l’AP-HP a été lancé (comité de liaison en alimentation et nutrition central [Clan], réseau de cadres experts, comité du management de la qualité, réseau « enquête patient », bureau des présidents du comité de lutte contre la douleur [Clud], coordonnateurs généraux des soins et directeurs de soins). Une communication large sur la mise à disposition des indicateurs a été effectuée dans la lettre d’information hebdomadaire de l’AP-HP en février 2025. Ces sensibilisations et présentations ont permis aux professionnels des réseaux et des instances centrales de s’approprier les rapports issus de Pilote et de les diffuser au niveau des sites, des groupes hospitaliers universitaires (GHU) et des services. Des communications externes ont aussi été réalisées lors des Journées internationales de la qualité hospitalière et en santé (Jiqhs) de la Fédération hospitalière de France en novembre 2024 [13] et devant le bureau de la commission qualité, usagers et gestion des risques de la conférence des directeurs généraux en juin 2025. Un premier partage d’expérience des référents indicateurs des différents hôpitaux a eu lieu en juin 2025, permettant d’évaluer la prise en main de l’outil par les référents, étape nécessaire pour accompagner son appropriation par les équipes de soins.

Résultats

À l’heure actuelle, les tableaux de bord produits et mis à la disposition des professionnels des hôpitaux de l’AP-HP dans le portail Pilote permettent de suivre plusieurs indicateurs clés par hôpital et par unité fonctionnelle (UF) parallèlement aux indicateurs nationaux (Annexe III) : le pourcentage de séjours avec un document de sortie (lettre de sortie ou compte rendu d’hospitalisation) ; le pourcentage de séjours avec un document de sortie validé ; le pourcentage de séjours avec un document de sortie validé le jour même (J0) et dans les huit jours suivant la sortie (J8) ; le pourcentage de séjours avec au moins une évaluation de la douleur avec échelle ; le pourcentage de séjours avec une réévaluation de la douleur ; le pourcentage de séjours avec au moins une évaluation du poids ; le pourcentage de patients dont l’adresse e-mail est connue.

Tableaux de bord « Documents de sortie »

Depuis le 1er janvier 2017, afin d’assurer la continuité de la prise en charge à la sortie du patient, les établissements de santé doivent remettre à celui-ci une « lettre de liaison à la sortie » [15]. Ce document a pris le relais du compte rendu d’hospitalisation (CRH) destiné au médecin traitant dans les huit jours après la sortie du patient. La HAS a mis en place l’indicateur « Qualité de la lettre de liaison à la sortie » (QLS) qui évalue, sous forme d’un score sur 100, la présence dans le dossier d’un tel document et la qualité de son contenu. Si le document n’est pas retrouvé ou s’il est postérieur à la sortie, ce score est de 0 [16]. La présence d’un tel document est un préalable à l’évaluation de la qualité de son contenu. L’indicateur QLS est restreint aux seuls patients d’hospitalisation complète retournant à domicile après un séjour en médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), soins médicaux et de réadaptation (SMR), ou psychiatrie, et à la chirurgie ambulatoire. Pour cette première vague d’indicateurs institutionnels automatisés, nous avons limité le périmètre aux hospitalisations complètes et n’avons pas intégré la notion de mode de sortie. Pour une unité de soins donnée, sont donc considérés au dénominateur de l’indicateur l’ensemble des séjours d’hospitalisation complète qui se sont terminés dans cette unité. Comme le document peut être désigné dans le DPI « lettre de sortie » (LS), « CRH provisoire » ou « CRH définitif », nous utilisons le terme générique de « document de sortie ». Nous avons donc proposé de produire un indicateur plus simple, mais aussi de le décomposer en sous-indicateurs permettant d’analyser le processus de production des documents de sortie :

  • part d’exhaustivité des documents de sortie = nombre de séjours avec LS ou CRH / nombre de séjours ;
  • pourcentage de séjours avec un document de sortie validé = nombre de séjours avec LS ou CRH validés (c’est-à-dire signés électroniquement) / nombre de séjours ;
  • pourcentage de séjours avec un document de sortie validé à J0 = nombre de séjours avec LS ou CRH validés à J0 / nombre de séjours ;
  • pourcentage de séjours avec un document de sortie validé à J8 = nombre de séjours avec LS ou CRH validés à J8 / nombre de séjours ;
  • délai moyen de validation des documents de sortie = délai moyen entre le jour de la sortie et le jour de la validation des CRH ou LS (en jours).

Du fait de la diversité des supports utilisés pour les documents de sortie dans le DPI (LS ou CRH, CRH issus de différents dossiers de spécialités ou lettre type issue d’Orbis®, documents importés d’autres logiciels…), un algorithme d’identification des documents de sortie a été construit, permettant de les repérer de la manière la plus exhaustive possible. Afin de prendre en compte les pratiques courantes d’anticipation de la préparation de la sortie, des règles de calcul ont été définies pour la validation à J0 et à J8 : une validation dans les 24 heures avant la sortie est considérée comme une validation à J0. Dans le cas d’un séjour avec des passages dans différentes unités de soins, le séjour et le document de sortie retrouvés dans le DPI associé à ce séjour sont affectés à la dernière unité de soins fréquentée par le patient. Les tableaux de bord visibles sur les documents de sortie sont disponibles pour l’hospitalisation complète dans les différents champs de prise en charge : MCO, SMR et psychiatrie. Le tableau de bord de suivi pour juin 2024 de l’indicateur « Document de sortie » pour quatre unités de MCO du groupe hospitalier Lariboisière - Fernand-Widal est composé de trois parties (Figure 3) : un encart détaillant la méthodologie retenue et la méthode de calcul des différents indicateurs pour limiter les erreurs d’interprétation ; une représentation graphique de l’évolution au cours des douze derniers mois de chacun des quatre indicateurs calculés mensuellement, cumulés pour les unités de soins sélectionnées (quatre unités dans cet exemple) ; des données détaillées pour le dernier mois (juin 2024 ici) présentant les effectifs et les indicateurs détaillés pour chacune des unités sélectionnées. Les résultats détaillés dans cette dernière partie permettent d’analyser les pratiques de production des documents de sortie dans chaque unité : défaut de production ? De validation ? Retard à la validation ?

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Tableaux de bord « Évaluation de la douleur »

La traçabilité de l’évaluation de la douleur avec échelle est un indicateur de processus recueilli dans les établissements de santé depuis la mise en place des IQSS par la HAS. En 2019, l’indicateur a été complété par la mise en œuvre éventuelle d’une stratégie de prise en charge et la réévaluation avec une échelle, pour des douleurs d’intensité au moins modérée [17]. L’indicateur automatisé a été simplifié et décomposé en quatre informations : pourcentage de séjours avec au moins une évaluation de la douleur avec échelle ; pourcentage de séjours avec une deuxième évaluation de la douleur avec échelle ; délai moyen entre l’entrée du patient et la première évaluation de la douleur avec échelle ; délai moyen entre l’entrée du patient et la deuxième évaluation de la douleur avec échelle. Le périmètre d’analyse est limité à l’hospitalisation complète. Les séjours et les évaluations de la douleur sont affectés à l’unité d’entrée du patient. Les échelles de la douleur prises en compte pour le calcul de l’indicateur ont été sélectionnées parmi celles préconisées par le HAS [18] et revues avec le Clud (les principales échelles utilisées dans Orbis® sont l’échelle numérique et l’échelle verbale simple). Les tableaux de bord concernant l’évaluation de la douleur sont disponibles pour l’hospitalisation complète dans les différents secteurs de prise en charge : MCO, SMR, soins de longue durée et psychiatrie.

Discussion

Le projet de production d’IQ institutionnels engagé à l’AP-HP depuis 2022 s’intègre dans les tendances internationales et nationales actuelles de développement de l’utilisation secondaire de la donnée du soin pour l’évaluation et l’amélioration de la qualité des soins [1]. Au niveau de l’AP-HP, ce projet porté par la DQ2P a été favorablement accueilli par la direction des services numériques, et soutenu par la direction des finances et par la direction générale. L’outil de restitution envisagé pour ces indicateurs existait déjà (portail Pilote). Deux ans après le lancement du projet, le personnel des hôpitaux de l’AP-HP dispose de rapports lui permettant de suivre des indicateurs clés sur la lettre de liaison à la sortie, l’évaluation de la douleur, l’évaluation du poids et les adresses e-mail des patients. Ce projet portant sur l’automatisation d’une série d’indicateurs test a apporté plusieurs enseignements. L’architecture de notre DPI, l’intégration secondaire et partielle de la donnée dans l’EDS et la granularité de restitution choisie ont nécessité des arbitrages et des simplifications pour produire des résultats d’indicateurs au niveau des unités de soins. À titre d’exemple, un arbitrage a été nécessaire quant à l’affectation du document ou de la mesure en cas de séjour avec des passages dans différentes unités (à l’unité d’entrée pour la douleur et à l’unité de sortie pour les documents de sortie) [8]. Ainsi, l’évaluation et la réévaluation de la douleur sont affectées à l’unité d’entrée, quelle que soit l’unité ayant effectivement réalisé les mesures. La phase de qualification des indicateurs produits sur des échantillons de services a permis d’intégrer des modifications pour améliorer les résultats (par exemple exclure les séjours dont les dates d’entrée et de sortie sont identiques). Elle a aussi permis de documenter les limites des indicateurs (non-prise en compte des documents annulés issus d’un formulaire Orbis® CRH définitif, contrairement à ceux issus d’un formulaire LS) et mis en lumière la diversité de pratiques dans le processus de production des documents de sortie, qu’il s’agisse du support utilisé (dossiers et formulaires Orbis® ou lettres types) ou des intervenants (internes, assistantes médico-administratives, médecins seniors). La qualification est essentielle pour s’assurer de la pertinence des indicateurs produits, mais cette étape est lourde et implique de faire appel à des professionnels ayant une bonne connaissance de l’architecture et de l’utilisation du DPI.

Premier partage d’expérience des référents indicateurs

La mise en place d’IQ institutionnels visait à faciliter le recueil et l’analyse de données (en remplaçant certains « quicks audits »), à identifier des actions d’amélioration spécifiques à chaque service, à communiquer auprès des équipes sur leurs pratiques et, à terme, à améliorer la traçabilité de la prise en charge dans le DPI. Malgré des organisations différentes selon les GHU, la volonté de promouvoir l’appropriation des indicateurs auprès des équipes de soins est partagée par l’ensemble des hôpitaux, comme l’a montré le partage d’expérience des référents indicateurs à l’occasion de la demi-journée organisée le 5 juin 2025 au siège de l’AP-HP. Par exemple, les indicateurs « Documents de sortie » et « Évaluation du poids » ont été intégrés dans les tableaux de bord qualité envoyés semestriellement aux départements médico-universitaires (DMU) et à l’encadrement médical et paramédical des services sur un GHU. Dans un autre GHU, les tableaux de bord issus du portail Pilote sont affichés sur des panneaux « espace qualité » mis en place dans tous les services. La possibilité de présenter l’ensemble des résultats sous forme de classement ou de tableau d’honneur, par exemple dans un hôpital ou un DMU, a été évoquée mais n’est a priori pas utilisée à l’heure actuelle [19]. D’autres GHU ou hôpitaux utilisent ces IQ automatisés pour ouvrir le dialogue avec les professionnels des services afin d’aider au diagnostic des pratiques, de réfléchir aux actions correctrices à mettre en place et de suivre leur impact. Ces tableaux de bord permettent également de compléter l’analyse des pratiques faite à l’occasion du recueil des IQSS 2025 (dossiers de 2024), en mettant à disposition des informations factuelles plus récentes et exhaustives. Les retours d’expérience d’utilisation des tableaux de bord par les référents indicateurs des hôpitaux ont permis de dégager plusieurs axes d’amélioration. Une granularité fine, mensuelle, a initialement été définie pour produire des résultats au plus près des pratiques. Cependant, ce niveau d’agrégation des données ne permettait pas une intégration simple des résultats aux tableaux de bord qualité déjà mis en place dans certains hôpitaux et déclinés par trimestre ou semestre. Il est désormais possible de sélectionner une période allant d’un mois à un an, donnant des résultats mensuels, trimestriels ou semestriels selon les besoins de communication. Le partage avec les services cliniques est aussi nécessaire pour interpréter les résultats à la lumière de leur usage du DPI (variabilité des dossiers et des formulaires utilisés au sein d’un service) [13]. La confrontation des résultats des indicateurs avec les pratiques des services permet parfois de démasquer des mésusages du DPI (enregistrement et absence de validation) ou des stratégies de contournement (renseignement d’une information en texte libre plutôt que dans le champ structuré ad hoc). À l’inverse, elle peut aussi montrer les limites d’un indicateur liées aux structures de restitution (deux activités au sein d’une même unité sans possibilité de les dissocier actuellement) ou à l’indisponibilité de certaines données dans l’EDS (document de sortie annulé issu d’un formulaire CRH définitif). Les résultats des indicateurs doivent donc être discutés avec les services cliniques et, si les écarts semblent trop importants avec la pratique du service, des investigations doivent être conduites. À ce stade du projet, il n’est pas encore possible d’évaluer l’appropriation par les professionnels des services et les conséquences sur les pratiques de traçabilité dans le DPI.

Perspectives

La production de ces IQ s’inscrit dans un temps long. C’est pourquoi la mise en œuvre de nouveaux indicateurs est en cours d’étude : continuité de la prise en charge (désignation du médecin traitant, extension des rapports sur les documents de sortie à la chirurgie ambulatoire), indice de masse corporelle, bloc opératoire (check-list, Go-No go), droit des patients (désignation de la personne de confiance, existence de directives anticipées)… La hiérarchisation et le lancement des travaux seront fonction de la disponibilité des données dans l’EDS ou de la priorisation de l’intégration de ces données dans l’EDS à court terme. Les demandes de nouvelle intégration sont désormais priorisées, en prenant en compte l’ensemble des besoins (appui au soin, pilotage ou recherche). Le développement d’IQ plus cliniques ou plus spécifiques à certaines prises en charge pourrait favoriser l’appropriation du portail Pilote par les professionnels du soin. Un « wikipilote » ayant pour objectif de décrire de façon exhaustive l’ensemble des indicateurs disponibles a été mis à la disposition des utilisateurs du portail Pilote et est en cours d’enrichissement avec la documentation concernant les IQ institutionnels.

Conclusion

La production d’indicateurs qualité automatisés à partir de l’entrepôt de données de santé de l’AP-HP est possible, sous réserve d’accepter des simplifications et de documenter les choix méthodologiques. Les retours des référents indicateurs sont positifs mais la campagne de communication doit se poursuivre pour sensibiliser le maximum de professionnels dans les services et en particulier la communauté médicale, et pour favoriser l’appropriation et l’utilisation de ces rapports dans la pratique quotidienne. L’analyse des résultats des indicateurs réalisée dans quelques services (discutée lors du partage d’expérience) a mis en évidence des écueils liés à leurs organisations et d’autres liés à la production technique des IQ. C’est pourquoi la qualité des données dans l’EDS est un préalable à l’obtention de résultats fiables et pertinents. La production de ces IQ est chronophage et nécessite une collaboration étroite entre les professionnels de santé, producteurs des données, les qualiticiens et les équipes techniques. Ces travaux collectifs mobilisent de nombreux acteurs et, pour que cela fonctionne, ce projet doit s’inscrire dans la durée avec un soutien fort de l’institution. À ce jour, nous poursuivons l’évolution des tableaux de bord existants (améliorations et ajustements) mais surtout nous programmons d’ores et déjà avec l’équipe EDS les travaux nécessaires dans les deux à trois années à venir pour produire des IQ répondant aux besoins des services.

Notes :

1- Qualiscope donne accès aux résultats de l’évaluation des établissements de santé et des établissements et services sociaux et médico-sociaux : https://www.has-sante.fr/jcms/c_1725555/fr/qualiscope (Consulté le 29-09-2025).
2- Accessible à : https://www.dedalus.com/fr/fr/ (Consulté le 25-11-2025).
3- Accessible à : https://jupyter.org/ (Consulté le 25-11-2025).
 

Informations de l'auteur

Financement : les auteurs déclarent ne pas avoir reçu de financement.

Liens d’intérêt : les auteurs déclarent ne pas avoir de lien d’intérêt.

Références

1- Doutreligne M. Étude de l’intérêt et de la faisabilité de la mesure d’indicateurs de qualité et de sécurité des soins à partir d’entrepôts de données de santé hospitaliers - Annexe 1 : analyse de la littérature sur l’utilisation des EDSH pour produire des indicateurs. In: Solomiac A, Doutreligne M, Morin S, et al. Étude de l’intérêt et de la faisabilité de la mesure d’indicateurs de qualité et de sécurité des soins à partir d’entrepôts de données de santé hospitaliers - Rapport général de faisabilité. Saint-Denis: Haute Autorité de santé; 2024. 12 p.

2- Ebbers T, Takes RP, Honings J, et al. Development and validation of automated electronic health record data reuse for a multidisciplinary quality dashboard. Digit Health. 2023:9:20552076231191007.

3- Gardel C, Goubet S, Toupin MH, et al. Les indicateurs HAS : sélection, gestion et utilisation. Risques Qual. 2009;6(1):34-40.

4- Morin S, May-Michelangeli L, Grenier C. La politique nationale des indicateurs de qualité et de sécurité des soins. Soins. 2018;63(829):27-29.

5- Direction générale de l’offre de soins. Incitation financière à l’amélioration de la qualité – Ifaq [Internet]. Paris: Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles; 2025. Accessible à : https://sante.gouv.fr/professionnels/gerer-un-etablissement-de-sante-medico-social/qualite-dans-les-etablissements-de-sante/article/incitation-financiere-a-l-amelioration-de-la-qualite-ifaq (Consulté le 29-09-2025).

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Citation

Historique : Reçu 4 juillet 2025 – Accepté 26 septembre 2025 – Publié 11 décembre 2025.

Tissier F, Troude P, Germain C. Produire des indicateurs qualité institutionnels automatisés à partir du dossier patient informatisé : l’expérience de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Risques & Qualité. 2025;22(4):205-214. Doi : 10.25329/rq_xxii_4_tissier.

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