L’erreur médicale, le burnout et le soignant - De la seconde victime au premier acteur

Éric Galam – Préface de René Amalberti

Paris : Springer-Verlag France, 2012. 328 p. 40€.

Springer compte parmi les éditeurs qui diffusent régulièrement des textes (ouvrages, articles) concernant la qualité dans de nombreux domaines. En 2012, l’ouvrage d’Eric Galam y a été publié, mais sa diffusion a peut-être été trop limitée. Or, il correspond toujours à un besoin de méthode pour la gestion des erreurs médicales, des situations complexes impliquant les patients, les médecins et autres acteurs du soin, puis les patients suivants car l’erreur mal gérée conduit à « une médecine plus défensive et moins sûre » (René Amalberti). Dès l’introduction et dans l’ensemble de l’ouvrage, l’accent est mis sur le vécu des acteurs (la souffrance des soignants, le burnout), sur les conditions de l’erreur (les conditions de la décision) et sur les réactions du système de soins. Surtout, plusieurs chapitres vont proposer des clés pour surmonter ces situations : (1) analyser rétrospectivement les conditions d’une décision erronée (au risque d’un biais de rétrospection : les décisions erronées pouvaient avoir initialement de bonnes raisons), (2) mener une réflexion approfondie sur ses erreurs et « en disséquer la logique » , (3) partager en groupes d’acteurs ayant connu des expériences semblables (Balint, RMM…), (4) signaler pour participer à une fonction de vigilance, vecteur de changements, (5) accompagner les secondes victimes vers un « rétablissement émotionnel », (6) transmettre aux nouveaux professionnels par l’enseignement (ou par la formation continue). Si l’auteur situe son propos dans le cadre de la médecine générale, son activité, il concerne l’ensemble des professions de santé. Tout est clairement rédigé et illustré de nombreux exemple. « Une revue de la question sans précédent » (RA).