Périnatalité | FSP peau à peau et allaitement | Guide Analyse des EIAS et grille ALARM actualisés

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Périnatalité : un levier stratégique de la certification pour sécuriser les parcours et répondre aux enjeux sociétaux

Un enjeu de santé publique au cœur des politiques de qualité

La périnatalité constitue aujourd’hui un champ prioritaire de la qualité et de la sécurité des soins. En France, la mortalité maternelle et infantile reste à un niveau préoccupant au regard des standards européens. Un décès maternel survient en moyenne tous les quatre jours en lien avec la grossesse, l’accouchement ou leurs suites, le suicide constituant la première cause identifiée. Parallèlement, la mortalité infantile a récemment augmenté, atteignant 4,1‰ en 2024, avec une hausse marquée des décès néonataux précoces.

Ces constats s’inscrivent dans un contexte de baisse des naissances amorcée depuis plus d’une décennie et d’évolutions sociétales. Cette dynamique durable et généralisée de diminution de la fécondité à tous les âges s’accompagne d’un suivi structuré de la grossesse reposant sur plusieurs consultations obligatoires. La période périnatale constitue un moment clé du parcours de soins, où l’anticipation des risques et l’accompagnement des futurs parents sont déterminants.

Ces situations traduisent des enjeux multiples : organisation des parcours, coordination des acteurs, qualité des pratiques cliniques et prise en compte des vulnérabilités psycho-sociales. Celles-ci revêtent une importance particulière en périnatalité, dans un contexte où le suicide constitue la première cause de mortalité maternelle en France, mettant en évidence la nécessité d’une approche globale intégrant la santé mentale tout au long du parcours. Dans ce cadre, l’identification précoce des situations de fragilité, l’accompagnement des parents et la coordination des acteurs deviennent des déterminants majeurs de la qualité et de la sécurité des soins. Une part importante de ces décès étant considérée comme évitable, la périnatalité apparaît comme un terrain privilégié pour agir sur les déterminants de la qualité des soins.

Dans ce contexte, la certification des établissements de santé joue un rôle structurant. Elle permet d’inscrire ces enjeux dans une approche systémique et durable, en alignant exigences organisationnelles, pratiques professionnelles et culture de sécurité.

La certification : un cadre structurant pour sécuriser les parcours périnataux

Depuis plusieurs cycles, la certification a progressivement renforcé ses exigences en périnatalité afin de mieux couvrir les principaux risques. L’évolution des référentiels entre 2014 et 2025 montre une montée en puissance 
de l’approche parcours, intégrant l’ensemble du continuum : projet de parentalité, grossesse, accouchement 
et suivi postnatal.

Cette approche est aujourd’hui explicitement structurée autour du parcours parents-enfant, qui débute dès l’expression du projet de parentalité et se poursuit jusqu’au suivi postnatal. Elle implique une continuité des prises en charge entre les différents acteurs et structures du territoire, ainsi qu’une vision globale des besoins de la mère et de l’enfant.

Cette transformation repose sur plusieurs leviers :

  • structuration des organisations : formalisation des parcours, coordination ville-hôpital et continuité des prises en charge ;
  • sécurisation des pratiques cliniques : diffusion et appropriation des recommandations ;
  • approche globale du risque : identification et gestion des situations à risque tout au long du parcours ;
  • vision globale des besoins de la mère et de l’enfant : prise en compte des vulnérabilités, intégration des dimensions psychiques et sociales dès la phase précoce ;
  • évaluation des pratiques et mesures des résultats.

La mise en œuvre de ces leviers s’appuie sur des points d’attention identifiés dans le référentiel et précisés dans les outils pédagogiques de la certification, tels que l’accompagnement du projet de parentalité, la prévention des risques obstétricaux majeurs ou encore la qualité de la prise en charge du nouveau-né.

L’introduction de critères impératifs constitue un marqueur fort de cette évolution. Initialement ciblée sur certaines complications, comme l’hémorragie du post-partum, cette logique s’est élargie en 2025 à l’ensemble des risques obstétricaux, incluant notamment la qualité des données patientes, l’interprétation du rythme cardiaque fœtal ou la maîtrise des manœuvres obstétricales.

En parallèle, la prise en charge du nouveau-né fait également l’objet d’exigences renforcées, traduisant une volonté d’intégrer pleinement la dimension néonatale dans l’évaluation de la qualité des soins.

Vers la certification 2027 : renforcer l’approche parcours et la mesure des résultats

La dynamique actuelle de la certification, en préparation de la version 2027, s’inscrit dans une logique de consolidation et d’approfondissement de ces acquis.

Plusieurs orientations structurantes se dessinent :

1. Une approche encore plus intégrée du parcours périnatal

La certification tend à dépasser une logique par secteur pour privilégier une vision globale du parcours, incluant l’ensemble des acteurs et des étapes de prise en charge. Cette approche est particulièrement pertinente en périnatalité, où la coordination est déterminante pour prévenir les ruptures de parcours.

2. Une attention accrue à la détection des vulnérabilités

La prévention des risques psycho-sociaux, dont la dépression du post-partum, est désormais intégrée dès le projet de parentalité. Cette évolution témoigne d’un élargissement du périmètre de la qualité vers une approche centrée sur la personne et ses besoins spécifiques. Elle implique une capacité des équipes à repérer précocement les situations de fragilité et à mobiliser des ressources adaptées, en lien avec les acteurs du territoire.

3. Un renforcement des exigences en néonatologie

À partir de 2027, des critères spécifiques dédiés aux secteurs de néonatologie viendront compléter les exigences existantes, traduisant une montée en exigence sur les soins au nouveau-né et leur organisation.

4. Le développement d’indicateurs de résultat

L’introduction de nouveaux indicateurs en maternité, notamment la mesure des hémorragies du post-partum à partir du PMSI et le questionnaire d’expérience rapportée par les patientes en maternité (e-Satis maternité), s’inscrit dans une évolution visant à mieux mesurer les résultats des soins, avec l’objectif de mieux objectiver les pratiques, d’éclairer les résultats observés et d’accompagner les établissements dans leurs démarches d’amélioration continue. La première campagne nationale de mesure de l’expérience rapportée par les patientes en maternité (e-Satis maternité) est prévue pour octobre 2026.

Cette évolution s’accompagne d’un renforcement des méthodes d’évaluation centrées sur le patient, telles que le patient traceur et le parcours traceur, permettant d’analyser concrètement les pratiques au regard des situations réelles de prise en charge.

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Flash sécurité patient « Peau à peau et allaitement du nouveau-né à la maternité. La douceur n’exclut pas la vigilance »

À la suite de l’analyse des événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) survenus chez les nouveau-nés en 2025, la Haute Autorité de santé a identifié certaines situations à risque lors de la pratique du peau à peau en salle de naissance ou de l’allaitement dans les maternités. En effet, il existe dans les deux cas des risques de malaise ou de chute du nouveau-né, en lien avec les modalités d’installation (obstruction des voies aériennes supérieures) et la fatigue des parents (endormissement). Bien que rares, ces événements peuvent être graves et sont évitables. Un Flash sécurité patient publié en avril 2026 sensibilise les professionnels à ces risques :

Pour que cela ne se reproduise pas, plusieurs mesures sont proposées :

Pour la pratique du peau à peau en salle de naissance, il est essentiel de :

  • former les professionnels ;
  • informer systématiquement les parents avant la naissance et en salle de naissance ;
  • vérifier l’existence de contre-indications au moment de l’accouchement ;
  • formaliser la procédure de surveillance.

Concernant l’allaitement en maternité, il est préconisé de :

  • rappeler à la mère la nécessité de laisser les voies aériennes du nouveau-né dégagées, ainsi que les risques et les bonnes pratiques liées au sommeil partagé ;
  • évaluer le niveau de fatigue de la mère périodiquement ;
  • assurer le bon fonctionnement du matériel de sécurité.

Dans tous les cas, s’assurer de la bonne compréhension des parents.

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Mars 2026 : actualisation du guide Analyse des EIAS - mode d’emploi publié en 2021 et de la Grille ALARM

À la suite de l’évolution du protocole de Londres en 2024, la Haute Autorité de santé a actualisé l’outil d’analyse des événements indésirables associés aux soins (EIAS) qui en découle, la grille ALARM. Cette nouvelle version comporte une huitième catégorie dédiée aux systèmes d’information et à la technologie (systèmes d’information, dossier patient informatisé, aide à la décision dont l’intelligence artificielle, etc.), pour mieux identifier et corriger cette catégorie de causes d’EIAS. Les sept catégories préexistantes ont été également révisées afin d’en améliorer la cohérence. Il est à noter que la grille ALARM n’a pour l’instant pas été mise à jour dans le formulaire de déclaration des événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) sur le portail national de signalement des événements sanitaires indésirables : https://signalement.social-sante.gouv.fr/ En effet, cela nécessite la modification de textes juridiques.

La grille ALARM étant mentionnée dans plusieurs publications de la HAS, de nombreuses mises à jour ont dû être réalisées ou sont prévues. La première actualisation a concerné le guide L’Analyse des EIAS : mode d’emploi en mars 2026, en collaboration avec la Fédération des organismes régionaux et territoriaux pour l’amélioration des pratiques en santé (Forap). Pour rappel, ce guide a pour objectif d’apporter aux professionnels du soin et de l’accompagnement un outil simple et didactique pour réaliser l’analyse d’EIAS, quel que soit le secteur dans lequel ils exercent (sanitaire, médico-social, secteur de ville). Sa dernière version inclut maintenant les définitions réglementaire et scientifique des EIAS et EIGS, un nouvel outil pour aider les professionnels à qualifier les EIAS et certains nouveaux aspects juridiques (pseudonymisation des données, caractère communicable des documents administratifs tels que les déclarations des EIGS ou les comptes rendus de revues de mortalité et de morbidité).

Pour en savoir plus :