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Le rôle clé des experts-visiteurs dans la démarche de certification

Au cœur du dispositif de certification des établissements de santé, les experts-visiteurs jouent un rôle déterminant dans l’appréciation des pratiques, l’évaluation des organisations, et la promotion de l’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins. Leur recrutement et, plus encore leur formation, constituent un enjeu majeur pour garantir la robustesse, l’équité et la crédibilité de la démarche de certification.

Le recrutement des experts-visiteurs répond à l’un des fondements de la certification qui consiste à être évalué par des pairs. Le profil de l’expert-visiteur répond à des prérequis exigeants ; il s’agit d’un professionnel médecin, pharmacien, sage-femme, directeur d’établissement, cadre et cadre supérieur de santé, responsable qualité ou professionnel des systèmes d’information hospitaliers, exerçant en établissements de santé. Expérimenté et impliqué dans la conduite de projets transversaux dans des domaines de la qualité et de la gestion des risques, l’expert-visiteur s’engage également à respecter la charte de déontologie de la HAS.

La formation des experts : un enjeu stratégique fort

La montée en exigence progressive du référentiel de certification, l’évolution des pratiques professionnelles et la place croissante accordée aux résultats pour le patient requièrent un engagement important de la part des experts-visiteurs. Dans ce contexte, la formation n’est pas un simple prérequis : elle est un pilier du développement et de la mise en œuvre de la démarche de certification.

Afin de répondre à ces enjeux, la Haute Autorité de santé (HAS) a structuré un dispositif de formation articulant formation initiale et formation continue. Cette approche permet à la fois de garantir un socle commun de connaissances et de méthodes et d’accompagner les experts dans la prise en compte régulière des évolutions du référentiel.

Formation initiale et formation continue : un dispositif complémentaire

Le parcours de formation a pour objectif de permettre aux experts-visiteurs d’acquérir, en complément de leurs compétences professionnelles initiales, les connaissances techniques et les aptitudes comportementales nécessaires à la réalisation des activités liées à une visite de certification. Cette formation ne vise pas à créer une expertise ex nihilo : elle s’appuie sur les domaines de compétences propres à chaque expert-visiteur, qui déterminent les champs dans lesquels celui-ci est habilité à conduire des évaluations.

La formation initiale a pour fonction de transmettre les fondamentaux de la certification, notamment la compréhension des attendus, des méthodes d’évaluation et du cadre de référence utilisé. Elle constitue également un temps dédié au développement des compétences relationnelles essentielles à une évaluation juste, respectueuse et constructive. 
Ainsi, la formation initiale représente une étape indispensable et conditionne l’accès aux missions de visite. Elle garantit que seuls les experts-visiteurs ayant mené à terme leur parcours de formation, et disposant d’une expertise validée dans leur domaine professionnel, interviennent dans les établissements de santé et participent à l’évaluation des thématiques correspondant à leur champ de compétence.

Un dispositif de tutorat complète cette étape ; il permet au nouvel expert-visiteur d’être accompagné par un expert garantissant la bonne transmission des savoirs et l’appropriation des méthodes d’évaluation en situation réelle. La formation continue, quant à elle, permet :

  • d’approfondir les évolutions du référentiel et des méthodes de visite,
  • d’entretenir et de développer les compétences des experts,
  • d’accompagner l’harmonisation des pratiques d’évaluation sur l’ensemble du territoire.

Le recours à la formation distancielle joue ici un rôle central. Il permet de diffuser régulièrement, de manière synchronisée, des contenus de formation auprès de l’ensemble des experts, favorisant ainsi une appropriation homogène des attendus et des méthodes.

La formation continue s’appuie également sur des séminaires dédiés, centrés cette année, sur la culture de la pertinence et du résultat. Ces temps d’échange et de réflexion collective renforcent la compréhension des enjeux de la certification, favorisent le partage d’expériences et contribuent à l’alignement des pratiques d’évaluation autour d’objectifs communs : l’amélioration concrète de la qualité et de la sécurité des soins pour les patients.

L’adaptation des connaissances au 6e cycle de certification

La formation des experts-visiteurs au 6e cycle s’inscrit dans le suivi d’un programme de 10 heures de modules d’e-learning et d’une journée de séminaire organisée en région pour une meilleure appréhension des nouveautés du 6e cycle. La réalisation complète du parcours constitue un prérequis avant toute mission de visite de certification.

Harmonisation des pratiques et partage d’outils

L’harmonisation des pratiques constitue un objectif central du dispositif de formation. Elle est soutenue par la mise à disposition d’outils communs : fiches pédagogiques intégrant pour une grande majorité des logigrammes d’aide à la cotation, modules d’e-learning, supports méthodologiques. Ces outils facilitent le travail des experts et renforcent la cohérence des évaluations.

Les établissements de santé peuvent également se prévaloir de ces outils, disponibles sur le site de la HAS, dans leur dialogue avec les experts-visiteurs. Ils constituent des repères partagés, favorisant øune compréhension commune des attendus de la certification et des méthodes mobilisées lors des visites.

Une communauté de 858 experts-visiteurs organisée en réseau

Avec une croissance de +72% depuis 2019 et un renforcement marqué en 2024 par le recrutement de 175 experts du numérique en santé, la communauté des experts a atteint ses objectifs de recrutements. Les médecins représentent la plus large représentation avec 36% de l’effectif total et la communauté des experts-visiteurs reste en évolution constante pour répondre au turn-over et à la diversité des besoins en profils représentatifs des typologies de visites à réaliser. Un autre constat montre que la part des experts-visiteurs en exercice augmente progressivement par rapport à celle des experts à la retraite. Cette évolution contribue à renforcer l’ancrage des expertises dans les réalités actuelles des établissements de santé et à maintenir une connaissance fine des organisations, des pratiques et des contraintes du terrain.

La communauté des experts-visiteurs s’est par ailleurs structurée autour d’un réseau de 9 référents régionaux. Ces coordonnateurs seniors constituent une ressource qualifiée pour accompagner les experts-visiteurs dans l’exercice de leurs missions, favoriser l’harmonisation des pratiques et répondre à leurs interrogations concernant la procédure et l’appropriation du référentiel.

 

Un investissement au service de la qualité

En structurant la gestion et la formation des experts-visiteurs, la HAS investit durablement dans la qualité, la cohérence et la crédibilité du processus de certification. Cet investissement bénéficie à l’ensemble du système de santé : experts, établissements et, in fine, patients, au service d’une amélioration continue fondée sur la pertinence, l’harmonisation des pratiques et la recherche de résultats tangibles.

Par ailleurs, les établissements de santé ont un intérêt direct à compter, au sein de leurs équipes, des professionnels formés par la HAS en tant qu’experts-visiteurs. Ces derniers constituent de véritables personnes ressources, capables d’éclairer les équipes sur les attendus du référentiel et sur les méthodes déployées en visite, et de contribuer ainsi à une meilleure appropriation de la démarche de certification.

Un accompagnement indispensable de la HAS

La HAS soutient les experts-visiteurs tout au long de leur engagement. Elle assure :

  • un suivi continu des compétences, en proposant des mises à jour régulières des contenus pédagogiques ;
  • un appui méthodologique, notamment lors de l’évolution des outils et méthodes d’évaluation (traceur, audits système, numérique…) ;
  • une harmonisation des pratiques, garantissant l’équité de traitement entre établissements et la cohérence nationale des évaluations ;
  • une valorisation du e-learning, désormais incontournable pour maintenir un haut niveau d’exigence et sécuriser les missions.

Par son action quotidienne, la HAS constitue un pilier de fiabilité, permettant à chaque expert-visiteur d’aborder ses missions avec assurance et cohérence.

->Pour en savoir plus sur le rôle des experts-visiteurs et leur formation, rendez-vous sur le site de la Haute autorité de santé et retrouvez toutes les informations sur la page https://www.has-sante.fr/jcms/c_991697/fr/devenir-expert-visiteur-de-la-has


Flash sécurité patient

La Haute Autorité de santé enrichit sa collection Flash sécurité patient en publiant de nouveaux documents consacrés à trois thématiques majeures : la fatigue des professionnels de santé, les fausses routes et la reprogrammation au bloc opératoire.

Fatigue des professionnels de santé. Préserver les soignants pour mieux soigner les patients

Les professionnels de santé peuvent être exposés à une fatigue importante (travail effectué de nuit, horaires variables, plages horaires longues, charge de travail, sous-effectif, stress…). Les conséquences peuvent être majeures sur leur santé et, in fine, sur la sécurité des patients (altération des performances cognitives et augmentation du risque d’erreur).

Au 31 mai 2025, plus de 10% des 79 298 événements indésirables associés aux soins (EIAS) recensés dans la base de données de l’accréditation des médecins et des équipes médicales, présentaient une cause profonde en lien avec la « charge de travail » ou « la fatigue ».

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié un flash sécurité patient sur ce sujet afin de rappeler les actions clés à mettre en œuvre pour mieux anticiper les risques liés à la fatigue des professionnels et ainsi améliorer la sécurité des patients.

Ainsi, afin d’aider les professionnels à mesurer, atténuer et gérer la fatigue, il est préconisé de :

  • sensibiliser les professionnels de santé et la gouvernance des établissements aux risques liés à la fatigue ;
  • promouvoir une culture de sécurité pour oser dire sa fatigue sans stigmatisation ;
  • sur le plan individuel : assurer un temps de repos et de récupération quotidien suffisant ; savoir reconnaître les signes de fatigue ; favoriser une hydratation suffisante et une prise de caféine adaptée ; savoir demander de l’aide ;
  • sur le plan organisationnel : impliquer les équipes de soins dans l’élaboration des plannings ; réduire au minimum le nombre de nuits de travail consécutives ; organiser un temps de chevauchement suffisant entre les équipes ; mettre à disposition des espaces de repos ; s’appuyer sur des mesures barrières (check-lists, aides cognitives).

    -> Pour en savoir plus :  https://www.has-sante.fr/jcms/p_3808079/fr/flash-securite-patient-fatigue-des-professionnels-de-sante-preserver-les-soignants-pour-mieux-soigner-les-patients

Fausses routes. Lorsqu’une petite boulette devient un très gros pépin

Les fausses routes représentent un enjeu majeur en raison de leur fréquence, de leur gravité et de leur impact sur la morbi-mortalité.

Pour mieux prévenir et gérer ces risques, plusieurs actions doivent être mises en place :

  • des mesures de prévention :

- évaluation du risque de fausse route,

- traçabilité dans le dossier patient informatisé,

- formation aux bonnes pratiques de prévention,

- protocolisation de la gestion de la texture alimentaire des 
repas,

- sécurisation de l’accès aux cuisines ou aux repas des autres 
patients/résidents,

- vigilance accrue lors de la prescription de médicaments 
susceptibles d’entraîner des fausses routes ;

  • des mesures de récupération et d’atténuation :

- formation aux gestes de 1er secours,

- disponibilité et maintenance du matériel d’urgence,

- protocolisation des modalités d’alerte en cas d’urgence 
vitale.

->Pour en savoir plus : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-02/dir1/fsp_fausses_routes_-_lorsquune_petite_boulette_devient_un_tres_gros_pepin.pdf

Reprogrammation au bloc opératoire. Reporter sans jamais improviser

À la suite de la publication de la solution pour la sécurité du patient « Reprogrammation au bloc opératoire. Une pratique à ne pas banaliser » en 2025, un flash sécurité patient « Reprogrammation au bloc opératoire. Reporter sans jamais improviser » vient d’être publié.

Devenues assez nombreuses dans les blocs opératoires, les reprogrammations (modification de la date d’une intervention, qu’il s’agisse du report ou de l’avancement de celle-ci) peuvent mal se passer : dégradation de l’état clinique du patient, absence de matériel le jour de la nouvelle date, préparation pré-opératoire mal réalisée, etc. Pour limiter ces risques, il est préconisé de : paramétrer le logiciel de programmation afin de faciliter le suivi des patients à reprogrammer  ;

  • utiliser une check-list « reprogrammation » qui reprend les étapes particulièrement à risque : 

- lors de l’annulation, informer tous les acteurs concernés,

- lors du choix de la nouvelle date, reprendre l’ensemble des 
étapes nécessaires pour la préparation pré-opératoire,

- avant l’intervention, vérifier les dispositifs médicaux, 
l’adaptation du traitement médical et les résultats d’examens ;


L’accréditation s’engage pour la planète !

Face aux enjeux environnementaux, la HAS a intégré dans les programmes d’accréditation des médecins et équipes médicales une activité « écoconception des soins ». Les équipes accréditées sont ainsi encouragées à revisiter leurs pratiques sous l’angle environnemental, à travers des actions concrètes telles que :

  • l’optimisation des parcours patients (mutualisation des rendez-vous pré-opératoires, parcours debout, récupération améliorée après chirurgie…),
  • l’usage des outils numériques (télé-expertise, téléconsultation, e-questionnaire…),
  • le tri et le recyclage au bloc opératoire,
  • les tenues de bloc et les dispositifs médicaux réutilisables,
  • la réduction de la ventilation des blocs inoccupés,
  • la pertinence des soins,
  • le choix des produits d’entretien,
  • le retour des médicaments non utilisés.

Cette activité reconnaît les initiatives directement portées par les professionnels sur le terrain, mais un soutien de la gouvernance des établissements permettrait d’en améliorer l’impact. Les retours d’expérience issus des bilans d’accréditation viendront enrichir progressivement la banque d’actions, afin de diffuser les initiatives rapportées et inspirer les professionnels.

-> https://has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-09/dir12/fiche_ecoconception.pdf


Prévention des infections : l’expérience patient pour mesurer l’hygiène des mains à l’hôpital

L’hygiène des mains constitue une mesure essentielle de prévention des infections associées aux soins. Pour renforcer son évaluation et compléter les outils d’évaluation existants, la Haute Autorité de santé (HAS), en partenariat avec la Société Française d’Hygiène Hospitalière (SF2H) a développé un nouvel indicateur fondé sur l’expérience des patients hospitalisés.

À l’issue d’une expérimentation nationale réussie (243 établissements volontaires et plus de 65 000 patients), un questionnaire d’expérience patient a été validé et permettra de produire un indicateur de qualité et de sécurité des soins.

Que mesure ce nouveau questionnaire ?

Du point de vue du patient, il évalue plusieurs dimensions essentielles de la pratique :

  • la disponibilité des produits hydro-alcooliques,
  • le respect des prérequis à l’hygiène des mains (dont l’absence de bijou),
  • l’information et l’implication du patient,
  • la réalisation effective de la friction hydro-alcoolique avant le contact avec le patient.

Concrètement, comment cela se déroule-t-il ?

À partir de mars 2026 et pour une durée de trois mois, les patients inscrits par les établissements à e-Satis MCO +48 h recevront également le questionnaire sur l’hygiène des mains (5 questions) après leur sortie. Les établissements recevront leurs résultats bruts au fil de la campagne sur la plateforme de restitution de la HAS (https://e-satis.has-sante.fr/) et les taux consolidés en fin d’année.

Quels sont les objectifs ?

  • Donner la parole aux patients et les rendre acteurs de leur sécurité ;
  • Améliorer les pratiques dans les établissements de santé et contribuer à la prévention du risque infectieux ;
  • Disposer d’indicateurs fiables, comparables entre établissements.

Informer les patients

Pour accompagner la mise en œuvre dans les établissements de santé, une affiche de sensibilisation est mise à disposition.

->Je télécharge l’affiche de sensibilisation : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-02/dir1/e-satis2026_affiche_campagne_patients_hygiene_des_mains_2026.pdf

Nous espérons que cet outil contribuera à renforcer le partenariat entre patients et soignants et la culture de sécurité en matière de prévention des infections.

->Pour en savoir plus, consultez la page dédiée : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3858254/fr/iqss-2026-mesure-de-l-experience-rapportee-par-les-patients-sur-l-hygiene-des-mains